Fort au-dedans, lucide au-dehors

La grande possession féconde, la communion rapproche.

La grande possession désigne l’abondance. Fort au-dedans, lucide au-dehors, l’homme peut faire le vide dans l’esprit après avoir rempli l’estomac. Lorsque le vide est accompli en soi, l’esprit originel perdure dans sa demeure, affinant l’or par le feu. Rencontrant le feu et intégrant sa lumière, l’or retourne à son origine. Quand le grand élixir atteint sa complétude, les dix mille principes s’unissent et le Tao imprègne toute chose. Qui aiguise la force par la lucidité trouve assurément une abondance inépuisable.

Communier avec autrui, c’est rejoindre les êtres dans leur intimité. Lucide au-dedans, fort au-dehors, l’homme peut remplir l’estomac après avoir fait le vide dans l’esprit. Quand la plénitude est accomplie en soi, la santé perdure, nourrissant le feu avec l’or. Rencontrant l’or et intégrant sa fraîcheur, le feu retourne à son origine. Lorsque la réceptivité et la créativité sont en harmonie, le dedans et le dehors se rejoignent dans une tranquillité immuable, quoique sensible et féconde. Aiguisant la lucidité par la force, le moi s’unit à autrui, et autrui s’unit au moi. Telle est la vraie proximité de la communion.

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TAO 28 : Celui qui est conscient de sa force

Celui qui est conscient de sa force
mais garde la douceur de la femme,
est le creuset de l’univers.

Étant le creuset de l’univers,
il fait un avec le Tao
et redevient pur comme l’enfant.

Celui qui connaît
l’étendue de son savoir
et garde la simplicité dans son cœur,
est le modèle du monde.

Étant le modèle du monde,
il rejoint le Tao
et son espace infini.

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Le Grand Homme

Wang Yangming

Le grand  homme est celui qui conçoit le Ciel-Terre et les dix mille êtres comme un seul corps. Il considère le monde comme une seule famille et le pays comme une seule personne. Quant à opérer une distinction entre les objets et une séparation entre moi et autrui, c’est le propre de l’homme mesquin. Que le grand homme conçoive le Ciel-Terre et les dix mille êtres comme un seul corps ne procède pas d’une intention délibérée : c’est le sens de l’humain intrinsèque à son esprit qui l’unit foncièrement à l’univers entier. En cela il n’est en rien différent de l’esprit de l’homme mesquin qui n’est diminué que par son étroitesse de vue. 


C’est ainsi que, à la vue d’un enfant sur le point de tomber dans un puits, il ne pourra réprimer un sentiment d’effroi et de pitié, son sens de l’humain faisant alors corps avec l’enfant. Certes, l’enfant appartient à la même espèce humaine ; mais devant les cris pitoyables et les airs apeurés de bêtes sur le point d’être massacrées, il ne pourra pas davantage supporter ce spectacle, son humanité faisant alors corps avec ces bêtes. Mais, objectera-t-on, les bêtes sont douées comme nous de conscience ; or, à la vue de plantes menacées de destruction, il ne pourra s’empêcher de ressentir de la commisération, son humanité faisant corps avec les plantes. Les plantes sont malgré tout des êtres vivants, mais même devant les débris de tuiles et de pierres, il sentira son cœur se serrer, son humanité faisant corps avec ces détritus. Tous ces sentiments, même le cœur de l’homme le plus mesquin ne saurait y échapper. 

…/…

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La vérité n’a pas d’étiquette : Walpola Rahula

L’étiquette importe peu. L’étiquette même de « bouddhisme » qu’on attache à l’enseignement du Bouddha a peu d’importance. Le nom qu’on lui donne n’est pas l’essentiel.

« Qu’y a-t-il dans un nom? Ce que nous appelons une rose,

Sous un autre nom sentirait aussi bon. »

La Vérité n’est le monopole de personne, elle n’est ni bouddhiste ni chrétienne ni hindoue ni musulmane. Les étiquettes sectaires sont un obstacle à la libre compréhension de la Vérité et elles introduisent dans l’esprit de l’homme des préjugés malfaisants.

Cela est vrai non seulement en matière intellectuelle et spirituelle, mais aussi dans les relations humaines.. Quand, par exemple, nous rencontrons un homme, nous ne le voyons pas comme un individu humain, mais nous mettons sur lui une étiquette l’identifiant en tant qu’Anglais, Français, Allemand, Américain ou Juif, et nous le condidérons avec tous les préjugés associés dans notre esprit à cette étiquette. Le pauvre homme peut être entièrement exempt des attributs dont nous le chargeons.

Les gens affectionnent tellement les appellations discriminatoires qu’ils vont jusqu’à les appliquer à des qualités et à des sentiments humains communs à tout le monde. C’est ainsi qu’ils parlent de différentes « marques » de charité, par exemple de charité bouddhiste ou de charité chrétienne, et méprisent d’autres « marques » de charité. Mais la charité ne peut pas être sectaire. La charité est la charité, si c’est de la charité…

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Le Sutra du Coeur

Connaissance transcendante, indicible et ineffable
Sans apparition, sans cessation, tout comme l’essence de l’espace,
Expérimentée par la cognition en soi, la conscience primordiale
Mère des Vainqueurs des trois temps, je te rends hommage.

le Noble Souverain Avalokita observa attentivement la pratique de la profonde Perfection de Connaissance transcendante ; il vit avec précision que les cinq agrégats étaient eux-mêmes vides par nature.

Saripoutra, le fils de noble famille ou la fille de noble famille qui désire pratiquer la profonde Perfection de Connaissance transcendante, doit voir ainsi :

Les cinq agrégats eux mêmes sont vides par nature ; il faut le voir de manière parfaite. Les formes sont vides. Le vide est forme. Hors les formes mêmes, il n’est point de vacuité, hors la vacuité il n’est point de formes. Semblablement, les sensations, les perceptions, les volitions et les consciences sont vides.

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Le Tao est le vide

QUATRE

Le Tao est le vide,
mais le vide est inépuisable.
C’est un abîme vertigineux.
Insondable.

De lui sont sortis
tous ceux qui vivent.

Éternellement,
il émousse ce qui est aigu,
dénoue le fil des existences,
ait jaillir la lumière.
Du rien, crée toute chose.

Sa pureté est indicible.

Il n’a pas de commencement.
Il est.

Nul ne l’a engendré.
Il était déjà là
quand naquit le maître du ciel.

Innombrables sont les bienfaits de la modestie.

Yi King 15
La Modestie

yi-king-15

en haut la terre
en bas la montagne

Les montagnes sont à l’intérieur de la terre : image de la modestie. Ainsi l’homme accompli réduit ce qui abonde et augmente ce qui fait défaut, considérant les choses avec. Impartialité.

Être modeste, c’est dissimuler ses qualités. La terre réside en haut, la montagne en bas – contrairement à sa position naturelle, la montagne se tient a l’intérieur de la terre. Dissimuler ses plus hautes réalisations en pratiquant l’humilité, tenir secret l’accomplissement intérieur – telle est l’image de la modestie.

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