Le Grand Homme

Wang Yangming

Le grand  homme est celui qui conçoit le Ciel-Terre et les dix mille êtres comme un seul corps. Il considère le monde comme une seule famille et le pays comme une seule personne. Quant à opérer une distinction entre les objets et une séparation entre moi et autrui, c’est le propre de l’homme mesquin. Que le grand homme conçoive le Ciel-Terre et les dix mille êtres comme un seul corps ne procède pas d’une intention délibérée : c’est le sens de l’humain intrinsèque à son esprit qui l’unit foncièrement à l’univers entier. En cela il n’est en rien différent de l’esprit de l’homme mesquin qui n’est diminué que par son étroitesse de vue. 


C’est ainsi que, à la vue d’un enfant sur le point de tomber dans un puits, il ne pourra réprimer un sentiment d’effroi et de pitié, son sens de l’humain faisant alors corps avec l’enfant. Certes, l’enfant appartient à la même espèce humaine ; mais devant les cris pitoyables et les airs apeurés de bêtes sur le point d’être massacrées, il ne pourra pas davantage supporter ce spectacle, son humanité faisant alors corps avec ces bêtes. Mais, objectera-t-on, les bêtes sont douées comme nous de conscience ; or, à la vue de plantes menacées de destruction, il ne pourra s’empêcher de ressentir de la commisération, son humanité faisant corps avec les plantes. Les plantes sont malgré tout des êtres vivants, mais même devant les débris de tuiles et de pierres, il sentira son cœur se serrer, son humanité faisant corps avec ces détritus. Tous ces sentiments, même le cœur de l’homme le plus mesquin ne saurait y échapper. 

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La vérité n’a pas d’étiquette : Walpola Rahula

L’étiquette importe peu. L’étiquette même de « bouddhisme » qu’on attache à l’enseignement du Bouddha a peu d’importance. Le nom qu’on lui donne n’est pas l’essentiel.

« Qu’y a-t-il dans un nom? Ce que nous appelons une rose,

Sous un autre nom sentirait aussi bon. »

La Vérité n’est le monopole de personne, elle n’est ni bouddhiste ni chrétienne ni hindoue ni musulmane. Les étiquettes sectaires sont un obstacle à la libre compréhension de la Vérité et elles introduisent dans l’esprit de l’homme des préjugés malfaisants.

Cela est vrai non seulement en matière intellectuelle et spirituelle, mais aussi dans les relations humaines.. Quand, par exemple, nous rencontrons un homme, nous ne le voyons pas comme un individu humain, mais nous mettons sur lui une étiquette l’identifiant en tant qu’Anglais, Français, Allemand, Américain ou Juif, et nous le condidérons avec tous les préjugés associés dans notre esprit à cette étiquette. Le pauvre homme peut être entièrement exempt des attributs dont nous le chargeons.

Les gens affectionnent tellement les appellations discriminatoires qu’ils vont jusqu’à les appliquer à des qualités et à des sentiments humains communs à tout le monde. C’est ainsi qu’ils parlent de différentes « marques » de charité, par exemple de charité bouddhiste ou de charité chrétienne, et méprisent d’autres « marques » de charité. Mais la charité ne peut pas être sectaire. La charité est la charité, si c’est de la charité…

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Le Sutra du Coeur

Connaissance transcendante, indicible et ineffable
Sans apparition, sans cessation, tout comme l’essence de l’espace,
Expérimentée par la cognition en soi, la conscience primordiale
Mère des Vainqueurs des trois temps, je te rends hommage.

le Noble Souverain Avalokita observa attentivement la pratique de la profonde Perfection de Connaissance transcendante ; il vit avec précision que les cinq agrégats étaient eux-mêmes vides par nature.

Saripoutra, le fils de noble famille ou la fille de noble famille qui désire pratiquer la profonde Perfection de Connaissance transcendante, doit voir ainsi :

Les cinq agrégats eux mêmes sont vides par nature ; il faut le voir de manière parfaite. Les formes sont vides. Le vide est forme. Hors les formes mêmes, il n’est point de vacuité, hors la vacuité il n’est point de formes. Semblablement, les sensations, les perceptions, les volitions et les consciences sont vides.

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Le Tao est le vide

QUATRE

Le Tao est le vide,
mais le vide est inépuisable.
C’est un abîme vertigineux.
Insondable.

De lui sont sortis
tous ceux qui vivent.

Éternellement,
il émousse ce qui est aigu,
dénoue le fil des existences,
ait jaillir la lumière.
Du rien, crée toute chose.

Sa pureté est indicible.

Il n’a pas de commencement.
Il est.

Nul ne l’a engendré.
Il était déjà là
quand naquit le maître du ciel.

Innombrables sont les bienfaits de la modestie.

Yi King 15
La Modestie

yi-king-15

en haut la terre
en bas la montagne

Les montagnes sont à l’intérieur de la terre : image de la modestie. Ainsi l’homme accompli réduit ce qui abonde et augmente ce qui fait défaut, considérant les choses avec. Impartialité.

Être modeste, c’est dissimuler ses qualités. La terre réside en haut, la montagne en bas – contrairement à sa position naturelle, la montagne se tient a l’intérieur de la terre. Dissimuler ses plus hautes réalisations en pratiquant l’humilité, tenir secret l’accomplissement intérieur – telle est l’image de la modestie.

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Là où je suis née

Photos interdites:
Saint Nazaire sous les bombes.
Ceux qui ont pris
ces photos l’ont fait au péril de leur vie
C’était ainsi

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LE VELO
il me plait de penser que
c’est celui de mon père
il n’en est rien?
mais cela aurait pu être
peut-être que cela est

Là où je suis née
les maisons n’avaient plus de toits

sans-toits

Et les toits plus de maisons
eboulis

Triste
ville
de peur
de mort
et
d’angoisse
Il
trainait
comme une odeur de poudre
On déminait
et moi je sursautais
et ma mère encore plus…

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